Sombre dimanche de Alice Zeniter




Éditeur : Livre de poche – Nb de pages : 264
Série : / 
Catégorie : Drame Historique




Alice Zeniter est née en 1986.

Normalienne, Alice Zeniter est une romancière, et dramaturge française, chargée d’enseignement à l’université Sorbonne Nouvelle. Elle a également enseigné le français en Hongrie, où elle a vécu plusieurs années. Elle a publié son premier roman, Deux moins un égal zéro (Éditions du Petit Véhicule), à 16 ans.



Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois posée au bord des rails près de la gare Nyugati à Budapest. Le jeune Imre grandit dans un univers mélancolique de non-dits et de secrets où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l’effondrement de l’URSS, qui fait entrer dans la vie d’Imre les sex-shops, une jeune Allemande et une certaine idée de l’Ouest et d’un bonheur qui n’est pas pour lui. Roman à la poétique singulière, tout en dégradés de lumière et de nostalgie, Sombre dimanche confirme le talent d’Alice Zeniter, révélée par Jusque dans nos bras.




Ce livre fait partie de la sélection de mars 2015 du Prix des lecteurs du livre de poche

Il entre dans mon ABC 2015, lettre Z


L’histoire d’une famille et, à travers elle, d’un pays.


Je ne connaissais pas le livre et la quatrième de couverture ne m’attirait pas particulièrement. C’est donc typiquement le genre de roman que je n’aurais pas acheté. C’est donc bien une chance de participer à Prix du Livre de poche, car je découvre des bouquins fascinant, même si celui-ci n’est pas un coup de cœur, contrairement au dernier : Le quatrième mur de Sorj Chalandon

Ici aussi, c’est un pays torturé que j’ai rencontré. Si la guerre n’est qu’un souvenir, douloureux, présent dans les âmes, elle reste un fil tendu dans le roman, avec plusieurs périodes dures évoquées au travers des différents parents du jeune héros.

Imre qui porte le nom de tous les hommes de la famille, sauf son père, est le personnage principal autour duquel tourne toute l’intrigue. Sa vie nous est contée depuis son enfance jusqu’au jour où il comprend que pêcher dans un petit lac tranquille est la meilleure chose à faire, un peu comme Candide et son jardin...

L’auteure se sert de son histoire, banale au demeurant, pour retracer celle d’un pays : La Hongrie et de toutes les influences et changement politiques qui sont survenus au cours des ans. Alice Zeniter remonte bien avant la naissance d’Imre, puisqu’elle reprend aussi la vie de son grand-père, et donc de la Seconde Guerre mondiale, avec les Allemands. Ce sont donc plus de cinquante années que nous suivons, pas à pas, par à coup, par petites touches, par des bribes de souvenirs.

La plume est efficace, simple et douce, alors qu’elle aborde des sujets parfois très difficiles. Toutefois, cette belle plume n’a pas réussi à m’emporter complètement, et c’est surtout le rythme très lent, l’accumulation de souvenirs sans actes vifs, sans scènes un peu plus marquées qui m’a manqué. Le ton général est souffreteux, presque déprimant, comme l’ambiance de la maison, de la famille. C’est bien rendu, puisque c’est certainement ce que voulait faire ressentir l’auteur, sauf que j’aurais aimé un peu plus de brio, d’éclat par moment, pour sortir de cette morosité, et la rendre encore plus probante.

L’histoire en elle-même n’a que peu d’intérêt, et je ne retiens donc que la partie Historique, avec la découverte de ce pays peu connu.



Imre est attachant dans sa quête d’un monde meilleur, typiquement influencé par les images télévisées très américaines. Sa recherche d’autonomie, de liberté ne le poussera pourtant pas à partir. C’est un personnage bien construit, mais je lui ai préféré Pal, son père.

Mal-aimé pour des raisons que je vous laisse découvrir, orphelin de mère trop tôt, comme son fils, d’ailleurs, il est exactement à l’image de sa maison, et on a envie de le secouer. Joli personnage tout en douceur et délicatesse.

J’ai beaucoup moins apprécié la façon d’aborder Agi et Kerstin, que j’ai trouvé très fades.

Enfin, le grand-père est une réussite ! On passe par plusieurs sentiments à son égard, au fil de la lecture.


Des années trente aux années 2000, en Hongrie, dans une capitale déboussolée. Les descriptions sont simplement belles avec des tonalités grises, sauf lorsque Kerstin apparaît avec son sourire qui rend tout si brillant.


Les mots pour : Style, personnages, Histoire

Les mots contre : rythme, manque de souffle

Notation :

Style (sur 5) 4 Intrigue (/4) 2 Personnages principaux (/3) 2
Style 2 Crédibilité 1 Personnages secondaires (/1) 0,5
Narration 1 Action 0
Description 1 Violence/tendresse 1 Temps et espace (/2) 1,5
Sensation générale (/3) 1,5 Rythme général (/2) 1 Total (/20) 12,5



Bien que la plume soit agréable, je ne me suis jamais sentie entraînée par l’histoire. Pourtant l’Histoire de ce pays, retracée au travers des personnage de cette famille, était intéressante, au départ.

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